Association Québécoise de l'Industrie du Cannabis

La SQDC a lancé son premier produit prêt-à-manger à base de cannabis de la marque Tilray BrandsProduits

Publié le 6 avril 2022 par AQIC

La bouffe à base de cannabis débarque à la SQDC

Des bouchées infusées au pot en succursale et sur le site web

Trois ans et demi après son lancement, la Société québécoise du cannabis (SQDC) s’attaque finalement au marché du prêt-à-manger à base de pot avec des produits de la multinationale Tilray Brands.

«Avec ce produit, nous offrons une option de plus qui est à moindre risque pour la santé des consommateurs puisqu’aucune combustion n’est nécessaire pour le consommer», a indiqué Fabrice Giguère, porte-parole à la SQDC. 

Mardi, les bouchées Solei infusées au THC et CBD ont fait leur apparition sur les tablettes et le site transactionnel de la société d’État.

À la cannelle et au cassis, l’aliment en forme de rondelle contient également des fruits et un mélange de graines, entre autres, de tournesol.  

«Ce produit répond tout à fait à la mission de la SQDC d’intégrer les consommateurs au marché licite du cannabis et de les y maintenir, sans toutefois favoriser la consommation», a souligné M. Giguère. 

La SQDC a un œil sur le marché des comestibles depuis 2019. Cette année-là, la direction avait rencontré différents producteurs afin de pondre une liste de la marchandise qu’elle pourrait commercialiser.  

L’année suivante, elle avait décidé d’appuyer sur le champignon pour prendre d’assaut le marché des prêts-à-boire et des infusions au pot. Aujourd’hui, la SQDC offre 47 différentes saveurs, selon son site internet. 

En demande 

Jusqu’à mardi, le prêt-à-manger n’avait toujours pas trouvé sa place à travers le réseau de la société d’État. La direction souhaite maintenant rectifier le tir. D’autres variétés pourraient être annoncées prochainement. 

La SQDC confirme avoir notamment des discussions avec des producteurs québécois.

«Il existe une demande certaine pour les produits comestibles prêts-à-manger comme en témoigne l’expérience dans les autres provinces canadiennes qui en font déjà la vente», a répondu M. Giguère. 

En 2020, la direction de la SQDC avait évoqué au Journal que les produits dérivés à base de pot pourraient représenter éventuellement 20 % de ses ventes. Elle avait de l’ouverture pour commercialiser des biscuits et des barres tendres. 

Chaque paquet Solei vendu pour 6,90 $ comprend deux morceaux d’une teneur de 4 grammes de protéines et 120 calories. Il s’agit également d’une première incursion pour cette marque dans le monde des comestibles. 

La loi québécoise prévoit que seule la SQDC peut vendre du cannabis ou des dérivés. Contrairement à d’autres provinces, il est interdit ici de vendre des chocolats, des jujubes ou des friandises au pot. En fait, le prêt-à-manger ne doit pas être alléchant pour les plus jeunes, selon la réglementation. 

D’ailleurs, la SQDC dit s’être assuré que le produit de Tilray ne soit pas attrayant « en raison de sa forme, sa couleur, sa texture, son goût ou son emballage ».

Le Journal s’est rendu dans une des succursales montréalaises de la SQDC, mardi après-midi. Les livraisons venaient d’arriver en matinée et les bouchées de pot se trouvaient dans un tiroir, bien loin des caisses.  

«Vous êtes mes premiers acheteurs. Mais on est pas mal sûr qu’il y aura de la demande. C’est comme faire de l’huile, mais plus le fun. Tant qu’à mettre quelque chose dans ta bouche, c’est mieux que ce soit bon», a expliqué en riant un vendeur.

Santé Canada autorise la vente des produits dérivés (cosmétique, nourriture et boisson) du cannabis depuis l’automne 2019.  

Pour l’exercice financier 2021-2022, le gouvernement du Québec s’attend à recevoir 81 millions $ de la SQDC. Cet argent devrait aboutir dans le Fonds de lutte contre les dépendances. 

Ces dernières semaines, Tilray Brands, dont le siège social canadien est en Ontario, a annoncé l’achat jusqu’à 211 millions $ US de la dette du fournisseur québécois de cannabis HEXO en échange de la possibilité de devenir un actionnaire d’envergure.  

SOURCE: Journal de Québec