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La culture du chanvre promet au Bas-Saint-LaurentÉconomie

Publié le 19 août 2022 par AQIC

Amorcé en 2020, le projet d’usine de défibrage industriel de lin et de chanvre au Bas-Saint-Laurent franchit une nouvelle étape alors que des agriculteurs et des entrepreneurs de la région unissent leurs efforts à ceux des chercheurs de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) en vue de concrétiser le tout.

Sylvain Bérubé se réjouit des résultats et il est optimiste pour l’avenir. Photo : Gracieuseté de Sylvain Bérubé

Sylvain Bérubé

RIMOUSKI — Les choses avancent tellement bien qu’une journée de démonstration aux champs a eu lieu le 4 août pour les personnes intéressées par le développement de la filière des plantes à fibre. « Le chanvre pousse bien et cadre bien avec la machinerie qu’on a déjà à la ferme. Une fois l’usine construite, ce sera une opportunité de diversifier nos sources de revenus et notre rotation de culture », commente Sylvain Bérubé, producteur laitier et propriétaire de la Ferme Flots Bleus, à Rimouski.

Trois hectares de chanvre

Des tests de travail du sol et de fertilisation sont menés conjointement par JMP Consultants, de Rimouski, et par la Ferme Flots Bleus, où trois hectares de chanvre ont été semés ce printemps pour mener à bien les essais.

« Avec les experts de JMP Consultants, nous avons fait divers tests. La beauté avec le chanvre, c’est que tu sèmes ça et que tu le regardes pousser. Pas besoin d’arrosage de pesticides. C’est bon pour l’environnement et avec le projet de l’IREC, ça s’annonce pour être intéressant économiquement », ajoute Sylvain Bérubé.

L’agronome et directrice générale chez JMP Consultants, Julie Potvin, se réjouit des résultats obtenus à la Ferme Flots Bleus. « Le chanvre viendrait donner un coup de main à nos producteurs de lin de la Mitis pour réaliser le projet d’une usine de défibrage. C’est emballant ce qui se passe cet été. Nous sommes en mesure de soutenir d’autres producteurs pour la culture du chanvre ».

« Ce projet est très rassembleur. Il unit les efforts de deux MRC (Rimouski-Neigette et La Mitis), de producteurs agricoles, des entreprises spécialisées dans des écomatériaux et des centres de recherche. Avec l’expertise en place, nous sommes confiants pour la suite », souligne le chercheur à l’IREC, David Dupont.

Cycle de production de 90 jours

La culture du chanvre se fait sur un cycle de 90 jours. « On sème le chanvre à partir de la mi-mai, lorsque la température du sol est encore aux environs de 10 degrés, et puis on le récolte au milieu du mois d’août, après une semaine de rouissage [macération de la plante pour faciliter la séparation de l’écorce et de la tige]. Comme il s’agit d’une culture qui nécessite un apport constant en azote, c’est bien important d’amender le sol à l’aide de l’épandage de fumier », explique l’agronome Yan Gosselin, conseiller en vie syndicale à la Fédération de l’UPA du Bas-Saint-Laurent.

Aussi pour le lin

La construction d’une usine de défibrage ne bénéficierait pas seulement à la production naissante de chanvre au Bas-Saint-Laurent, mais aussi à ses producteurs de lin. Rappelons qu’en 2020, la coopérative Inno-lin s’était associée à Simplex location d’outils et à l’IREC pour permettre la venue d’une défibreuse expérimentale afin de vérifier la faisabilité du projet. Un réseau de producteurs est impliqué dans ce projet. 

Source :
La Terre de chez nous : https://www.laterre.ca/actualites/la-culture-du-chanvre-promet-au-bas-saint-laurent